• Proche-Orient. Le pouvoir, la terre et l'eau

    Par Eric VERDEIL
    Chercheur au CNRS.

    1A propos de Pierre BLANC, Proche-Orient. Le pouvoir, la terre et l'eau, Paris, Les Presses de Sciences Po, 2012, 400 p.

    L'ouvrage de Pierre Blanc, issu d'une thèse d'HDR, constitue une synthèse des enjeux géopolitiques de l'agriculture et de l'irrigation au Proche-Orient, entendu comme l'ensemble regroupant le Liban, la Syrie, la Jordanie, Israël et les territoires palestiniens ainsi que l'Egypte. Agronome de formation, l'auteur a exercé dans le domaine de la coopération agricole dans plusieurs de ces pays tout en menant par ailleurs des recherches géopolitiques sur Chypre dans la lignée de l'approche lacostienne. Il offre ici une réflexion inédite sur les fondements géographiques des conflits que connaît cette région : s'attacher à la terre et à l'eau est un moyen de mettre à bonne distance tant la question des identités religieuses et ethniques qu'une lecture en termes de rapports internationaux de puissance, et de réintroduire dans le questionnement d'indispensables dimensions socio-économiques et territoriales qui inscrivent la recherche dans une démarche empirique solide.

    Pour lire l'intégralité du texte :
    http://rumor.hypotheses.org/3109

  • Permanence de la raison critique dans l'Islam

    Par Yoann COLIN
    Critique à Nonfiction.fr

    1A propos de Malek CHEBEL, Changer l'islam : dictionnaire des réformateurs musulmans des origines à nos jours, Paris, Albin Michel, 2013, 288 p.

    Malek Chebel propose un dictionnaire des réformateurs de l'Islam dans l'histoire, ce qui lui permet de récuser l'image d'un Islam stagnant depuis toujours dans le plus grand immobilisme.

    Cet ouvrage possède au moins deux grandes qualités : la première, c'est que, sur un thème qui se veut actuel mais qui en réalité s'inscrit dans une longue histoire, il offre une information riche, claire et organisée avec pertinence. La seconde, davantage mise en avant, c'est qu'il vise à réfuter et réfute effectivement la croyance trop répandue selon laquelle l'Islam serait un bloc monolithique de croyances et de pratiques figées, identique en fonction des régions et des périodes historiques.

    Pour lire l'intégralité du texte :
    http://www.nonfiction.fr/article-6393-permanence_de_la_raison_critique_dans_lislam.htm

  • Les pèlerins de La Mecque, les germes et la communauté internationale

    Par Sylvia CHIFFOLEAU
    Chercheure au CNRS-IFPO.

    1

    Avec la navigation à vapeur, les hommes, mais aussi les germes des maladies, se déplacent plus rapidement. En 1865, le pèlerinage à La Mecque est à l'origine d'une terrible pandémie. Celle-ci provoque un traumatisme profond et la communauté internationale va s'attacher à faire des pèlerins le principal " groupe à risque ". Elle leur impose un contrôle exemplaire, bien plus sévère que celui qui est appliqué à la navigation ordinaire et commerciale, entraînant l'édification d'un formidable dispositif quarantenaire dans la mer Rouge et au Levant, à l'heure où les quarantaines disparaissent partout ailleurs. En dépit de leur caractère coercitif, les pèlerins ne manifestent pas d'hostilité à l'égard des actes médicaux et prophylactiques en usage dans les lazarets, mais s'élèvent contre les modalités déshumanisées de leur réalisation. La pression conjuguée du nationalisme et des revendications saoudiennes ne mettra fin à ce dispositif qu'en 1957.

    Pour lire l'intégralité du texte :
    http://halshs.archives-ouvertes.fr/docs/00/71/81/29/PDF/Chiffoleau_MA_decine_sciencesFinal.pdf

  • Tunisie : Quel bilan deux ans après la révolution ?

    Par Dominique AVON et Youssef ASCHI
    Respectivement professeur d'Histoire contemporaine à l'Université du Maine, enseignant à Sciences Po-Paris, et doctorant en Histoire contemporaine à l'Université du Maine.

    3

    Dans la ferveur du « printemps arabe », la thèse de la fin de l' « islamisme » a prévalu : il s'agissait d'expliquer que le jeu des forces politiques internes dans un cadre pluraliste et les contraintes économiques internationales conduiraient les dirigeants aspirant à l'avènement d'un régime « à référence islamique » à mettre leur doctrine sous le boisseau. Une autre thèse consista à ne pas enterrer trop tôt cet « islamisme » mais à disjoindre le « lexique » - concepts et symboles - et la « rhétorique » pour nier le fait que des représentants de la parole religieuse entendaient mettre en œuvre un projet de société englobant et contraignant. Dans les deux cas, l'invitation à se tourner vers un « modèle turc » - jamais défini - était combinée à la dénonciation d'approches néo-colonialistes disqualifiées pour leur soutien aux dictatures effondrées (Tunisie, Egypte) ou en sursis (Algérie, Syrie). Dans les deux cas, l'affirmation de la reconnaissance d'une « matrice identitaire » spécifique sous-tendait de manière paradoxale une perspective téléologique pour expliquer qu'il faudrait du temps pour arriver à une stabilité, comme il en avait fallu à la France et à l'Europe. Quelques voix discordantes permettaient, cependant, d'alimenter une autre analyse. Début 2012, le journaliste britannique Robert Fisk indiqua que la Tunisie ne semblait pas emprunter le chemin de la démocratie et, à la fin de cette même année, son collègue libanais Jihâd al-Zayn manifesta des réserves à l'égard des liens entre « Etat » et « religion ». Dans un registre prescriptif, le juriste socio-anthropologue Mohamed Nachi invita les acteurs de terrain à la thèse du compromis « autour du renoncement à tout Absolu religieux » sans rompre avec un patrimoine culturel spécifique.

    Pour lire l'intégralité du texte :
    http://www.raison-publique.fr/article594.html

  • Une révolution trahie ? Sur le soulèvement tunisien et la transition démocratique

    Par Leila DAKHLI
    Chercheure au CNRS (Institut de recherche et d'études sur le monde arabe et musulman, Aix-en-Provence).

    1

    La révolution en Tunisie s'est-elle retournée contre elle-même, portant au pouvoir un parti peu enclin à défendre les libertés individuelles ? Le processus démocratique est-il définitivement enterré ? La réalité que montre Leyla Dakhli est bien plus complexe, et si trahison il y a, elle réside dans l'incapacité de la classe politique tunisienne à prendre en compte la demande de justice sociale.

    Le soir du 14 janvier 2011, un homme seul criait sur l'avenue Bourguiba : « Ben Ali hrab ! » (Ben Ali s'est enfui), célébrant ainsi la stupéfiante victoire d'une révolution. Dans ce cri, il fallait entendre l'admiration pour le peuple, l'amour pour la liberté, la tristesse pour les morts. Il était seul, dans le noir, sur cette avenue qui quelques heures plus tôt était envahie par la foule en colère. C'était un avocat, un de ces nombreux avocats qui soutinrent la révolte de toutes leurs forces.

    Pour lire l'intégralité du texte :
    http://www.laviedesidees.fr/IMG/pdf/20130219_tunisie.pdf

  • Vers un tourisme durable en Tunisie : le cas de l'île de Djerba

    Par Abderraouf DRIBECK
    Docteur en sciences économiques.

    4

    Le tourisme constitue un poids significatif pour la Tunisie. Ses impacts économiques sur le pays sont considérables (6% du PIB et plus de 386 000 emplois directs et indirects en 2009). Cependant aujourd'hui, ce secteur touristique fait face à de nombreuses difficultés. Cette thèse s'inscrit dans le cadre d'une politique de relance du tourisme en Tunisie. Elle est structurée en deux parties. Dans la première, le diagnostic du tourisme tunisien montre que le secteur souffre à deux niveaux : stratégique (la gestion du secteur est laissée au privé sans intervention de l'Etat, ce qui donne lieu à une faible rentabilité de certains hôtels, un fort endettement à cause de la pratique de prix « moins cher » et l'esprit de l' « affaire familiale ») et qualitatif (l'épuisement du modèle fordiste). La thèse expose les limites d'un fordisme quantitativiste, puis démontre qu'une nouvelle lecture de marché touristique est nécessaire pour réaliser une performance économique durable. Dans cette perspective, la mise en œuvre d'une évaluation économique et environnementale s'impose. Dans la deuxième partie, à partir d'un territoire précis (île de Djerba), il s'agit de réfléchir à des nouvelles trajectoires. Le travail suppose la construction d'indicateurs pertinents de performance économique et environnementale en vue d'améliorer la qualité des méthodologies d'évaluation de la rentabilité du secteur touristique. Au niveau économique, l'étude propose une nouvelle méthode permettant d'apprécier l'impact économique du tourisme sur l'île de Djerba. Cette méthode appelée « méthode de masses », s'inspire de la théorie de la croissance ou du développement.

    Pour lire l'intégralité de la thèse :
    http://tel.archives-ouvertes.fr/docs/00/78/18/71/PDF/these_raouf_dribek_ubo.pdf

  • Salles obscures au Maroc: bientôt le clap de fin?

    Par Marianne ROUX-BOUZIDI
    Enseignante documentaliste au Lycée Lyautey à Casablanca.

    2

    À la fin de l'année 2012, le cinéma a été mis à l'honneur au Maroc: la 21 ème édition des Semaines du film européen a accueilli 12 000 spectateurs entre Casablanca et Rabat et la ville ocre a rassemblé le gotha du septième art pour le festival international du film de Marrakech. Sans oublier les Assises nationales du Cinéma, qui se sont tenues en octobre dans la capitale, en présence du ministre de la Communication, du président de Centre cinématographique Marocain (CCM) et plus de 300 professionnels du secteur, Marocains et étrangers.

    À première vue le cinéma marocain se porte bien. En effet, le CCM avance des chiffres porteurs: une trentaine de festivals annuels, 25 long-métrages produits, une dizaine de films étrangers tournés dans le pays grâce au centre de production basé à Ouarzazate (ce dernier générerait plus de 120 millions de dollars par an...). Le Maroc obtient ainsi la seconde place du continent, derrière l'Afrique du Sud, et ambitionne d'étendre son leadership en mettant en place une stratégie « d'économie du cinéma ». C'est notamment la volonté du roi Mohammed VI, qui a indiqué vouloir soutenir la rédaction d'un livre blanc afin d'élaborer un plan de mise à niveau globale. Mais cette apparente vitalité du cinéma marocain dissimule un état des lieux tout autre.

    Pour lire l'intégralité du texte :
    http://arabic.babelmed.net/cultura-e-societa/74-marocco/13228-salles-obscures-au-maroc-bientot-le-clap-de-fin.html

  • L'islam contre l'islam. L'interminable guerre des chiites et des sunnites

    Par Tatiana PIGNON
    Etudiante en double cursus, à l'Ecole Normale Supérieure de la rue d'Ulm, ainsi qu'à l'Université de la Sorbonne en Histoire et en langue.

    1

    A propos de Antoine Sfeir, L'Islam contre l'Islam. L'interminable guerre des sunnites et des chiites, Paris, Grasset, 2013, 244 p.

    Le mouvement dit des « révolutions arabes » commencé en 2011, et de manière générale l'instabilité, et en tout cas les difficultés politiques – focalisées depuis longtemps sur le conflit israélo-palestinien – ainsi que la présence d'enjeux économiques de première importance, ont donné et continuent à donner lieu, en Occident, à un nombre de plus en plus important d'analyses générales de la géopolitique du Moyen-Orient. Pour Antoine Sfeir, toutefois, la grille de lecture généralement utilisée par les auteurs de telles analyses est erronée : il s'agirait en effet de l'importation de catégories occidentales – celles de l'opposition entre « démocrates » et « intégristes », ou entre dictatures et démocraties – dans une région qui ne les connaît pas comme telles. Ce politologue franco-libanais, directeur-fondateur des Cahiers du Moyen-Orient et auteur de nombreux ouvrages sur le sujet, propose au contraire d'analyser ces événements – et, de manière plus générale, toute l'histoire et la géopolitique de la région – au moyen d'un critère proprement islamique : celui de la rupture entre sunnisme et chiisme. L'Islam contre l'Islam a pour objectif affiché d'aider à la compréhension de cette distinction fondamentale entre les deux branches principales de l'islam : pour ce faire, Antoine Sfeir consacre sa première partie à un retour sur les fondements historiques du chiisme, avant d'étudier les différences doctrinales qui séparent sunnisme et chiisme, ce qui est également l'occasion de montrer la diversité de ce dernier courant ; enfin, dans une troisième partie, il propose à partir de cette distinction une analyse de la situation géopolitique actuelle, et notamment de la place de l'Iran.

    Pour lire l'intégralité du texte :
    http://www.lesclesdumoyenorient.com/Antoine-Sfeir-L-Islam-contre-l.html

  • De crise en crise, l'horizon problématique du couple Liban Syrie

    Par Elizabeth PICARD
    Directrice de recherche émérite au CNRS.

    1

    Mes recherches pour écrire un ouvrage sur le couple Syrie-Liban se poursuivent depuis bientôt dix ans. Heureusement pour moi (malheureusement pour les Libanais et les Syriens) elles n'ont pas perdu leur caractère d'actualité. Au contraire, la terminaison dramatique du contrôle militaire syrien sur le Liban (2005) et, quelques années plus tard, les débordements au Liban de la crise syrienne (2011- ?) ont ravivé leur pertinence.

    Quelle lenteur pourtant à produire un texte ! Or, cette lenteur ne s'explique pas tant par l'ouverture de nouvelles sources (biographiques en particulier) ou la prise en compte de développements récents que par la complexification et, je l'espère, l'enrichissement de mes réflexions sur la formation des États au Proche-Orient et de la construction problématique du sujet. De quoi s'agi(ssai)t-il ?

    Pour lire l'intégralité du texte :
    http://iremam.hypotheses.org/2056

  • Egypte : la crise est partie pour durer

    Par Jean-Noël FERRIÉ
    Directeur de recherche CNRS (Centre Jacques Berque).

    1
    Depuis ce qu'il est convenu de nommer la révolution du 25 janvier, l'Egypte n'a connu aucune période de stabilité. Ni la désignation d'un premier Parlement, ni l'élection d'un président issu de l'opposition islamiste, ni l'adoption d'une nouvelle Constitution ne se sont accompagnées de cet apaisement que l'exercice même quelque peu chaotique de la démocratie aurait dû apporter. D'une certaine manière, la révolution n'a pas vraiment eu lieu : l'inquiétude face à la pression des forces libérales a conduit les militaires à contraindre le président Moubarak à partir, mais, ceci concédé, l'Armée a œuvré, en concertation avec les Frères musulmans, à éviter que les choses n'aillent plus loin. Pas davantage que les islamistes, elle n'aime les libéraux.

    Pour lire l'intégralité du texte :
    http://www.telos-eu.com/fr/globalisation/politique-internationale/egypte-la-crise-est-partie-pour-durer.html?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+Telos-FR+%28Telos-eu+%28FR%29%29

Footer:

Le contenu de ce site wed appartient à une personne privée, blog.fr n'est pas responsable du contenu de ce site.